Lors de ce dossier sur l’E-1, j’ai évoqué les bonnes surprises et les difficultés que je rencontrais (si peu) à utiliser cet appareil.
Ici je vais vous délivrer mes impressions, recueillies sur le vif, bref sur le terrain.
Je vais faire une simple dichotomie bonnes/mauvaises sensations.
Bonnes sensations
J’ai vraiment l’impression d’avoir un appareil solide entre les mains. Et sur le terrain, ça permet d’être plus détendu quand on veut prendre des photos dans des positions incertaines. Je n’ai pas encore testé la tropicalisation du boîtier, je n’ai pas l’habitude est j’ai donc très peur.
Mais sur l’excellent livre de René Bouillot, La pratique du reflex numérique, il y a une photo p11 prise par Alain Maigre, montrant le photographe Ghislain Simard tenir un Nikon D2X (lui aussi tropicalisé) sous une tempête de neige.
C’est extrêmement effrayant, mais en même temps j’ai bien envie d’essayer. Je ferai une maj le jour où ça arrivera.
L’ergonomie de l’appareil est vraiment excellente. Je me suis toujours dit plus il y a de boutons et mieux c’est (j’ai un synthé). Et là le E-1 confirme la règle. En plus ils sont bien placés. Sur le terrain on gagne un temps phénoménal.
Petite anecdote hier j’ai donné un cours pratique de photo à une jeune et passionnée lycéenne, elle avait un 350D. Pour activer le bracketing sur mon E-1 il me faut une seconde (bouton BKT + un petit coup de molette pour le réglage) alors qu’il lui a fallu presque 30 secondes (menu, 2ème onglet réglage, clic sur set, positionnement des 3 mires pour réglage, set, menu, sans oublier que l’appareil réagit bizarrement si on ne respecte pas ce processus à la lettre). Bref cet exemple reflète bien que l’ergonomie est essentielle pour gagner du temps (et des nerfs).
Pareil pour l’écran LCD, il n’est pas très grand mais en plein jour je l’ai trouvé bien plus lisible que celui du 350D…
Comme il s’agit d’un appareil expert/semipro, il est livré avec un objectif semipro (je dirais pro pour ma part) bien au dessus de ceux fournis en kit avec les reflex grand public. Ne serait-ce qu’en terme d’ouverture, il n’y a pas photo. Du coup j’ai le sentiment de pouvoir être plus créatif grâce à une plus grande latitude de profondeur de champ (par ex).


Une chose importante : je pense que tout reflex devrait être livré avec un filtre gris neutre ND8 dégradé. Indispensable. Le point faible des reflex numériques par rapport à l’argentique est la gestion fragile des hautes et basses lumières. Avec un tel filtre on peu mieux pousser les basses lumières sans pour autant cramer les hautes lumières. Ca règle tellement de problèmes ! En plus le zooming ne fais pas tourner l’objectif (objectif Olympus).
J’en viens à quelque chose de plus personnel. Ca me fais plaisir d’avoir un appareil atypique, que finalement assez peu de gens possèdent. Il est gros, alors à la vue il fait pro, on s’écarte pour me laisser prendre les photos. Et je suis sur que ça va s’améliorer encore quand je recevrait mon télézoom. Ce sentiment d’être respecté est très agréable. En même temps cela met le doigt sur la dictature des apparences… Reste que, comme il est presque inconnu du grand public. Je me fais vite repérer (c’est bien et pas bien).
Enfin les vue produites par cet appareil on un vrai « cachet », quand je montre mes photos (pas celles de ma galerie mais celles qui ne sont pas retravaillées) on me fait toujours le remarque « wahou, qu’il y a de belles couleurs ! ». On est très proche d’un rendu argentique et c’est très apréciable. Comme de manière générale, l’appareil travaille tout seul très bien (mesure d’exposition, auto focus, etc.) je pourrais presque poster mes photos telle quelles dans ma galerie perso. Mais je suis trop maniériste…

Toutes les qualités de cet appareil vieux maintenant de plus de 2 ans montre bien d’une certaine manière que rechercher toujours mieux, toujours plus, toujours plus nouveau, c’est une perte d’énergie et d’argent énorme.
Un appareil comme l’E-1 convient à l’heure actuelle à la plupart des usages experts et semi pro en photographie, mis à part l’impression très grand format.
De plus c’est un excellent appareil pour apprendre facilement la photographie, grâce à son ergonomie. Cet accès rapide et facile à l’ensemble des fonctions de l’appareil donne envie qu’on s’y penche dessus, et du coup on apprend plus vite que sur un appareil ou les fonctions sont cachées dans les méandres des menus.
Sensations moins bonnes, voire désagréables.
Première chose la gestion du bruit. Pour prendre des photos de tout les jours, aucun problème. Pour un usage professionnel il va falloir mettre les mains dans le cambouis et lutter pour supprimer le bruit présent dans les images à haute sensibilité. Ce n’est pas trop compliqué mais à la longue c’est un peu fatigant. Vive les traitements par lots !
C’est un peu le cas pour cet appareil mais aussi pour la plupart des appareils en fait, la gestion de l’exposition est ardue. De quoi se tirer les cheveux dans les conditions difficiles de lumière (forts contrastes par exemple). Bref je galère (heureusement de moins en moins avec l’expérience).

Passage au reflex oblige, et celui-ci n’aide pas parce qu’il est gros, l’E-1 est intimidant pour les portrait. J’ai parfois l’impression d’avoir un bazooka pointé sur mon modèle et je sens la peur emprisonner ses autres émotions. La visée est placée sur le côté (heureusement) mais cela ne suffit pas à libérer suffisamment le visage du photographe pour rendre « humaine » la prise de vue. Fort heureusement (et ça ne concerne du coup pas le E-1), le petit capteur 4/3 permet une miniaturisation des reflex et l’Olympus E400 qui vient de sortir tout récemment est un belle preuve que même un reflex sais être discret.
L’appareil est lourd, bien pour la stabilité, mais revers de la médaille fatiguant pour les bras et les poignets. Peu être qu’avent le temps je finirai par m’y habituer.
Une chose dont je n’ai pas encore parlé : il n’y a pas assez de choix de marques différentes pour les optiques. On est obligé d’acheter de l’ Olympus (assez cher). Il y a quelques Sigma et Leica entre dans la course, mais on est loin du choix immense chez Nikon ou Canon.
Comme vous l’aurez compris, si vous lisez un peu mon blog, les pixels ne font pas la qualité d’image, mais sa taille. 5 Mpixels conviendra pour imprimer du A4 et un peu plus. Pour un affichage écran, si on veut rentrer dans l’image (pouvoir zoomer pour observer un détail en particulier), on sent un peu un manque de ce côté. Peut être un 7 ou 8 Mp auraient été mieux. Rien d’alarmant toutefois.
Dernier point sur lequel je voudrais insister un peu concerne le bougé. Pour éviter le bougé dans un appareil, hormis le fait d’utiliser un trépied, deux caractéristiques doivent être prises en compte : la plus importante est la sensibilité ISO et l’autre le stabilisateur.
Pour moi le plus important dans un reflex est de pouvoir monter dans les hautes sensibilités afin de pouvoir diminuer le temps de pose et ainsi éviter les flous de bougé. L’emploi d’un stabilisateur va permettre d’éviter le bougé à des vitesse d’obturation plus lentes.
Le souci du E-1 est qu’on ne peux pas, si on veux garder une qualité d’image correcte, aller au-delà de ISO 400/800. Et il n’y a pas de stabilisateur pour combler cela. Du coup éviter le flou devient souvent difficile.
Les appareils d’aujourd’hui proposent une sensibilité de 1600 ISO exploitables, si ce n’est pas 3200 ISO. Et le stabilisateur tend à se démocratiser. Personnellement je pense que le stabilisateur est presque inutile si l’appareil gère bien les hautes sensibilités.
Enfin tout ça pour dire qu’un appareil comme le E-1 est en retrait dans ce domaine et que je suis parfois bien déçu de ne pas avoir réussi de photo à cause d’un temps d’exposition trop long.
Conclusion
Et c’est ainsi que s’achève ce dossier test de l’Olympus E-1. J’espère que vous avez eu le courage de le lire en entier car je pense qu’au-delà du test il permet de mieux comprendre les différentes caractéristiques de la photographie en général, au moins dans sa mise en œuvre.
L’Olympus E-1 est un compagnon racé, il a de la personnalité et est même parfois capricieux. Mais une fois adopté on éprouve un grand plaisir à faire de la photographie. Et pas besoin d’acheter l’appareil dernier cri à au moins 1000 € opur cela. Pour 650 € (avec un peu de chance) on a un super boitier complètement pro, une superbe optique et un appareil qui sais ce que Photographie signifie.

Sur ce je vous laisse et vous donne rendez vous très bientôt.
Seeya !



