Alors ça y est j’attaque le morceau le plus complexe est difficile : la qualité d’image.
Avant d’entrée dans le vif du sujet je voudrais apporter quelques précisions.
Je ne teste pas la qualité d’image en fonction de protocoles de test, je n’utilise pas non plus le logiciel de mesure comme Imatest.
Tout au feeling, à l’expérience.
Et c’est sur ce point que je veux insister. Loin de moi la prétention de penser que je suis infaillible, loin de là. Je pourrais même dire que je manque encore d’expérience en analyse technique de l’image pour vraiment être légitime.
Mais si vous voyez mon travail (en cliquant sur mon portfolio), vous remarquerez que je fais des efforts pour essayer produire des clichés de qualité, ce qui implique que j’attache une grande importance à la prise de vue et à sa technique.
Ceci fait je voudrais aussi préciser que j’utilise un 14-54 mm (28-108mm en 24X36) avec f:2.8-3.5. Bien lumineux donc. Les images produites sont donc influencées par les caractéristiques de l’objectif utilisé. J’ai l’intention de me prendre un 55-200 (110-400mm en 24×36). Je ferai une maj un peu plus tard.
Enfin je travaille essentiellement en RAW. Je ne vais donc quasiment pas aborder le traitement que le DSP d’Olympus fait subir aux images. Sur certains points il est très bon, sur d’autres un peu moins bon. De toute façon il y a eu beaucoup de progrès en la matière donc je ne me fais pas d’illusion, l’appareil doit être à la ramasse côté gestion du bruit et optimisation de la dynamique.
Avec ces quelques pré requis je vais enfin pouvoir commencer mon test.
Couleurs
Je vais ici parler des couleurs et de la gestion de la balance des blancs.
Je suis totalement bluffé par cet appareil au niveau des couleurs reproduites sur les clichés. Je dirait même que les choix de la balance des blancs automatique sont la plupart du temps mieux que la fonction auto de Camera RAW.
Et surtout elles ne sont pas trop flatteuses, pas trop chaudes comme c’est souvent le cas (Sony et Canon par exemple). Il n’y a pas de suraccentuation. La reproduction est très subtile et je dirai même qu’avec de l’expérience on pourrait reconnaître la « patte Olympus » sur les clichés s’ils étaient mélangés avec des clichés provenant d’autres appareil.
Le rendu est très photographique. On a à faire à un appareil de caractère.
Piqué
Sujet épineux que le piqué dans les photos en général (quel jeu de mot, j’en suis tout retourné !).
Ici il n’y a pas d’accentuation liée au DSP comme c’est le cas dans les reflex d’entrée de gamme. Le travail doit se faire en post-prod. Les clichés ne sont donc pas exploitables (pas de point-and-shoot) sans travail en aval, ce qui est très bien pour un appareil expert/semi-pro. En revanche si la douceur est une recherche esthétique, les clichés produits seront au top du top.
C’est ce qui se dégage des vues : la douceur.
Alors au début j’ai eu un peu peur en me disant que cela venait de l’objectif qui manquait de piqué. Mais après avoir lu plusieurs tests de cet objectif et avoir travaillé la netteté à l’aide de logiciels, je me suis ravisé.
En tous cas personnellement je préfère travailler sur l’accentuation de la netteté après coup. Car quand je veux une photo douce, je n’ai pas à me prendre la tête. J’avais essayé d’autres appareils et ils produisaient des photos suraccantuées ; le problème c’est que les retouches sont plus destructives quand l’accentuation est déjà trop forte (difficile de revenir en arrière en plus).
Sensibilité/Bruit
Voilà ce qui à priori est le point faible du système 4/3. La taille du capteur rend plus difficile la bonne réponse aux hautes sensibilités. Et la gestion du bruit en devient plus ardue. Ce n’est aussi pas pour rien non plus si les objectifs Olympus sont parmi les plus lumineux.
En ISO 100, 200 et 400 absolument aucun souci.
En ISO 800 les clichés sont tout a fait exploitables avec un travail logiciel (Noise Ninja).
En ISO 1600, je me suis sorti de galères (pour raccourcir les temps d’exposition) mais les clichés sont plus bloc note (pas d’artistique), peuvent à la limite servir pour de la photo de sport.
En ISO 3200, même pas la peine.
Le E-1 fait moins bien sur ce point que les concurrents (Canon par exemple qui est très bon dans ce domaine), mais il reste tout à fait acceptable. Reste que je prends environ 1500 photos par mois, dans toutes les conditions de lumières et de vitesse, et que je rencontre parfois des difficultés (lors de soirées surtout) pour obtenir des photos de qualité qui ne soient pas floues.
De plus il me faut surveiller de très près le bruit ce qui demande pas mal de travail après coup. En ISO 800 on perds forcément du piqué dans les images, et c’est dommage car j’utilise pas mal cette sensibilité (j’y suis obligé).
Reste que Noise Ninja fait des miracles. Epaulé par une bonne gestion de la netteté (à vos souris !) et on s’en sors bien.
e gros du travail de post prod est donc la gestion du bruit. D’autant qu’en RAW, on est (comme le nom l’indique) en brut, si vous voyez ce que je veux dire.
Enfin il y a 2 types de bruit en photo numérique : le bruit de chrominance (pixels rouges et bleus la plupart du temps) et bruit de luminance (ce qu’on appelle le grain). Le bruit produit par le capteur du E1 est très photographique. Si si ! Jusqu’à ISO 1600, c’est essentiellement du bruit de luminance assez agréable à l’œil (j’hésites souvent à le supprimer). A ISO 1600 et 3200 apparaît le bruit de chrominance, du à la surchauffe du capteur pour pousser la sensibilité.
D’ailleurs sachez que ces 2 derniers modes ne sont accessible qu’en activant la fonction de l’appareil : « extend iso ». Ca veut dire ce que ça veut dire.
Mise au point
Comme je l’ai précisé dans les spécifications, la visée est pourvue de 3 collimateurs AF, ce qui est peu.
Je vous avoue que pour le moment je n’ai pas ressenti de gène. Sauf peut être quand je vais une mise au point continue, cela m’oblige à laisser de côté le cadrage pour suivre mon sujet au centre, dommage.
Sinon l’AF est efficace, discriminant, pas super rapide mais pour le moment je n’ai pas été pris en défaut. Ayez en revanche en tête qu’on est loin des exigences professionnelles sur ce point.
Ce qui est génial, c’est que l’objectif est pourvu de la retouche de mise au point. Une mois la mise au point AFF effectuée on peut affiner notre map et ça c’est pas mal du tout (pour la macro par exemple).
Profondeur de champ
Je vais maintenant parler de la Pdc, ce la va me permettre de faire un petit apport technique.
Plus le capteur d’un appareil est petit est plus grande sera la profondeur de champ. Sauf que pour avoir une faible profondeur de champ, c’est l’inverse.
C’est pour moi le grand intérêt des reflex sur les bridges et compacts : on a un contrôle bien plus important de la profondeur de champ.
Et comme le capteur du E-1 est le plus petit capteur des reflex, il devrait être handicapé. C’est sans compter sur la qualité de l’objectif qui permet de faire des miracles. En 108 mm (24×36) il ouvre à 3.5, pas mal non ? Je me sers de mon 14-54 pour faire de la macro ou du portrait, et je prends un réel plaisir.
Dans mon travail je privilégie souvent une faible profondeur de champ (peut être parce que je suis myope) et je suis plus que satisfait par l’E1 dans ce domaine.
J’avoue ne pas savoir me servir du contrôle de profondeur de champ.
Mesure d’exposition
Je crois que la mesure d’exposition est la clé de la photographie. C’est aussi ce qu’il y a de plus difficile à maîtriser.
Et je me suis rendu compte en essayant plusieurs appareils que l’exposition, c’est vraiment de la « bidouille ».
Heureusement qu’il y a la compensation d’exposition et le braketing pour faciliter (un peu) le travail.
Bon, pour la mesure sélective (spot), aucun souci, elle est bien discriminante. Le tout est de bien la maîtriser. Lors d’un contre jour par exemple faire une mesure spot sur le sujet permettra d’éviter qu’il soit sous exposé, mais du coup la lumière va être cramée. Donc il faut faire pas mal de test (ou avoir de l’expérience…) pour bien s’en servir. Enfin je trouve que cette mesure est très efficace et je m’en sers de plus en plus.
La mesure pondérée centrale fait aussi bien son boulot. Les hautes lumières sont assez rarement brulées, et les basses lumières rarement bouchées.
La mesure ESP (ou multizone), à n’utiliser que lors de scènes avec un contraste pas trop fort. Autrement, c’est la cata. Au début je n’utilisais que ce mode, mais maintenant j’ai tendance à l’éviter. Donc mauvais point pour cette mesure. Sauf que pour des scènes où le contraste est assez faible, elle fait très bien son boulot.
Contrairement aux 350D et 400D, l’appareil n’est pas calé en sousex ou surex. Et c’est tant mieux. On décide soi même de surexposer ou sousexposer légèrement.
D’ailleurs conseil : l’architecture des capteurs fait qu’il y a beaucoup plus d’informations enregistrées dans les hautes lumières que dans les basses lumières. Donc je vous conseille de bien préserver les basses lumière, bref de légèrement surexposer toutes vos photos. C’est ce que l’on appelle « exposer à droite » (en référence à la courbe). C’est un moyen pour conserver le plus possible la dynamique de sa photos et d’éviter du bruit, tout en gardant les informations contenues dans les hautes lumières (on s’arrête juste avant qu’elle ne brûle, puis on les redescend en post prod).
Je ne connais pas suffisamment les appareils concurrents dans ce domaine pour faire une vraie comparaison. Je crois que Nikon est leader en la matière, et que la mesure sélective du 350D est plutôt exceptionnelle. En tous cas, sans doute à cause de mon manque d’expérience, peut être aussi parce que l’appareil n’est pas parfait dans ce domaine, je galère plus ou moins tous les jours en matière d’exposition. J’ai recours de plus en plus au HDR (fusion de plusieurs expositions) pour obtenir un résultat vraiment satisfaisant.
Aberrations/distorsion
Je vais être bref ici. Rien à signaler, c’est le grand avantage du format 4/3 (avec l’excellence dans ce domaine des objos Olympus). Je n’ai jamais eu à reprendre ce genre de défaut. En grand angle, biensûr il y a de la distorsion, mais je dirais “heureusement”car je m’en sers.
Je vais clôturer ce chapitre en insistant sur le fait qu’en terme de qualité d’image l’Olympus E-1 est plutôt très bon, qu’il a une réelle identité, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des défauts handicapant pour un professionnel (présent ou futur). La dynamique des images produites par l’appareil me semble généreuse (en tous cas plus qu’un Canon 350D/400D et 20D/30D) et la possibilité de pouvoir prendre 5 clichés en braketing en vue d’un traitement HDR est tout à fait intéressante. Dans quasiment tous les cas il va falloir mettre les mains dans le cambouis et ceux qui aiment ça vont se régaler, les autres passez votre chemin (n’empêche que c’est comme ça qu’on apprend le plus ! A bas la facilité !).
L’idéal pour vous faire une meilleure opinion et de parcourir le web à la recherche de galeries. Il y en a pas mal dédiées à cet appareil et le tag « E-1 » est couramment utilisé sur Flickr ou deviantArt. Enfin allez jeter un œil sur ma galerie.